Made in France : Le manufacturing à la française

Le Made in France entre dans les moeurs. Depuis quelques années, des designers, artisans locaux et usines de tout l’hexagone se développent pour créer des marques durables. 

Lumière sur Belleville

Le costume Belleville Made in France
@Belleville

Le tailleur français se réinvente. Chez Beleville, le souci du sur-mesure persiste mais la qualité écologique Made in France passe au premier plan. Le fondateur Gilles Attaf a su faire renaitre la finesse parisienne, avec un assemblage de pièces modernes. Gilles Attaf a grandi dans le 11ème arrondissement de Paris, non loin de la rue Moulin Joly. Ici, son père coupe, surjette et coud des costumes. Gilles poursuit alors son inspiration pour s’imprégner des racines du célèbre quartier où l’esprit y est joyeux et spontané. Pour lui, le Parisien est : « À l’aise dans sa vie, dans sa ville, dans son environnement et dans ses vêtements. On jalouse son bien-être et son charme. Son secret : ses pièces intemporelles. Il les mixe, les mélange, les recompose à l’envi pour avoir un genre qui ne ressemble qu’à lui. Belleville l’habille. »

L’homme Belleville rit et parle fort car il aime intensément. Populaire et séducteur, il fait du costume un ensemble au tissu soyeux et facile à porter. Belleville participe au Made in France et fabrique tous ces costumes chez France Manufacture qui est la dernière usine française aux savoir-faire locaux. Le costume Belleville a pu préserver des emplois.

La déco Simon-Simone

Un concept-store à la française. Tel est le défi de Séverine Tréfouel, l’initiatrice de la marque Simon-Simone. La surproduction chinoise ou américaine l’a poussée à ralentir la frénésie absurde du monde de la décoration : « Notre façon de construire les collections me parait irraisonnée. On obtient les produits vite et 8 mois à l’avance en Asie car on croit que le stock se vendra avec des remises importantes pour écouler le surstock. Je ne blâme pas les marques et distributeurs car ils répondent à notre mode de consommation actuel, où le premier critère est le prix. Mais une des solutions serait d’acheter sur le plan local

en petites séries et à la demande pour que chacun devienne consomm’acteur. » C’est pour cela que Simon-Simone supporte l’économie Made in France. Séverine connaissait de jolies marques issues de tout l’hexagone, elle a voulu les mettre en avant. Elle a donc proposé un shopping digital et différent « Ras le bol des pages de 1000 produits qui ne me plaisent pas! Une sélection courte en phase avec du style et de la qualité offre une expérience digitale proche du lèche-vitrine où on découvre plusieurs univers. » Sévérine trouve que les sites écoresponsables sur internet négligent souvent ces critères.

Simon-Simone la déco Made in France
@Simon-Simone

Sa chaussure Made in France

Un si beau pas, la chaussure Made in France

« Le temps d’un week-end en amoureux, j’avais profité de cette Dolce Vita si clichée mais si plaisante que représente cette région de l’Italie. Il m’en reste des couleurs, des odeurs mais aussi une rencontre : des petits artisans cordonniers qui implantés à chaque coin de rue vous proposent une sandale en cuir artisanale, personnalisable et sur-mesure dont le savoir-faire transmis de génération en génération est le même depuis près d’un siècle. ». Tel est le déclic qu’a eu Antoine Fauqueur lorsqu’il a crée Unsibeaupas.

L’idée a dû s’imposer : à cause d’un monde standardisé et de plus en plus industrialisé où la machine prend souvent le pas sur l’homme et le rendement compte plus que la qualité, Antoine pensait qu’il ne fallait pas passer à côté de talents locaux d’exception. Il se lance dans l’aventure Unsibeaupas. Pour trouver chaussure à son pied, Antoine invite ses clientes à partir en voyage pour découvrir les meilleurs artisans chausseurs. La paire est customisable selon ses goûts et ses tendances actuelles. Les chaussures sont conçues à Romans-sur-Isère, en France, et livrées sous quinzaine. Des ambassadrices organisent aussi des ventes privées à domicile. La basket, les derbies ou les escarpins, la sélection des motifs en croco ou python assure un modèle unique. À chacun son style!

La Good Fabric

Good Fabric : la conception Made in France
@Nathalie Lebas-Vautier
Textile Made in France
@Good Fabric chez Balmain

J’observe que sur ces 3 dernières années une accélération de la prise de conscience et de cette volonté d’avancer. Les consommateurs sont davantage éclairés et moins dupes. Les marques n’ont plus le choix que d’évoluer. Mais il faut augmenter le mouvement. Alors qu’attendons-nous ? Tournons la page du greenwashing, retroussons-nous les manches et agissons dès aujourd’hui!

Nathalie Lebas Vauthier, l’anti-greenwasher. La fondatrice de Good Fabric alerte des dangers de la fast-fashion et du mass-market. Beaucoup de marques abusent d’expressions trompeuses et certaines emploient des mots comme collection responsable ou 100% coton naturel. Les logos verts s’utilisent à outrance « Bref, toutes les ficelles du greenwashing sont à l’oeuvre! », remarque-t-elle. Il y a pire encore, selon elle, des enseignes se détourneraient du sujet par l’intermédiaire d’appels aux dons et d’opérations de reforestation « Pour se donner bonne conscience et une image, sans prendre du recul sur leurs pratiques. Autant mettre un pansement sur une jambe de bois! »

Cette illusion rassurante incite à l’immobilisme ou à la triche. Chez Good Fabric, la première démarche est d’éradiquer le travail infantile « Un t-shirt a beau être en coton bio, s’il est fait par des enfants dans des conditions de travail déplorables, il ne représente pas un achat responsable : lorsqu’on veut engager une démarche RSE et améliorer ses processus de production, il faut bien entendu s’intéresser aux matières, à leur provenance, à leur qualité et durabilité dans le temps, mais ça ne suffit pas. », insiste Nathalie. En plus, il est nécessaire de connaitre les composants du tissu et quels seront les emballages ou les moyens de transport pour l’exportation. 

Accessoires et beauté Made in France

Beauté
@Lamazuna
Bonnet Blanc
@Blanc Bonnet
Savoir pour faire
@Guillaume Seynes

Lettre ouverte

Dans le contexte de cette crise sanitaire qui nous affecte tous, et alors que le pays traverse des difficultés économiques majeures, la filière Mode et Luxe lance une campagne de communication Savoir pour faire pour promouvoir les quelques 250 formations et 80 métiers techniques de la mode et du luxe. En effet, plus que jamais, il nous apparaît indispensable pour regarder l’avenir avec confiance de mettre l’accent sur toutes les formations (formation initiale, formation continue, reconversion, apprentissage) comme autant de clés essentielles pour conserver nos compétences, former une relève, participer à relocaliser certains savoir-faire et accompagner notre tissu industriel afin d’assurer le retour à la croissance dès la fin de la période que nous traversons.

La filière Mode et luxe est stratégique pour la France. Elle s’appuie sur des entreprises performantes, fortes des savoir-faire des femmes et des hommes qui la composent. Elle représente près d’une entreprise industrielle sur 13, répartie sur l’ensemble du territoire.

Campagne Savoir pour faire -2020/2021

L’objectif de Savoir pour faire est de présenter le potentiel de ces formations dans les 8 branches qui composent la filière (couture et habillement, textile, maroquinerie, cuir, chaussure, bijouterie et joaillerie, horlogerie et arts de la table). Il s’agit de formation à des métiers techniques et innovants, riches de savoir-faire d’excellence, de sens, agiles, qui se réinventent tout en s’appuyant sur notre patrimoine.

Ancrés dans un tissu dynamique de milliers d’entreprises réparties dans tout le territoire, ces programmes permettent de se former pour répondre aux nouvelles exigences et envies des consommateurs : mode durable, rôle du numérique…

Découvrez le site d’information savoirpourfaire.fr, recensant et présentant les multiples offres de formation et d’emploi. Suivez nos actualités sur les réseaux sociaux et regardez nos films savoir-faire et métiers…

Pendant un an, Savoir pour faire vous accompagne pour vous aider à construire l’avenir et préparer à une sortie de crise que nous espérons tous la plus proche possible.

Guillaume de Seynes

Président du Comité Stratégique de Filière Mode & luxe

Publié par Tendances

Journaliste, j'ai fait mes débuts comme iconographe de mode pour un célèbre magazine français. Formée à la Condé Nast College, je souhaite vous faire partager des articles, des interviews et des reportages sur les tendances actuelles.

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.